Femme observant différents reflets symbolisant les schémas répétitifs au cours de la vie

Shémas répétitifs : Pourquoi se répètent-ils dans notre vie ?

C’es toujours la même histoire…

Cette phrase, je l’ai souvent entendue au cours de mes années d’accompagnement lorsque certaines personnes me parlaient de schémas répétitifs dans leur vie.

Les personnes changent. Les circonstances changent. Les années passent. Et pourtant, quelque chose semble étrangement familier.

On rencontre des partenaires très différents mais les relations finissent par provoquer les mêmes blessures.

On change d’entreprise et, quelques années plus tard, on se retrouve confronté au même type de difficultés professionnelles.

On commence des projets avec enthousiasme avant de les abandonner systématiquement lorsqu’ils deviennent sérieux.

On aspire profondément à changer de vie mais, lorsqu’une véritable occasion se présente, quelque chose nous retient.

Alors vient cette question :

« Pourquoi est-ce que je reproduis toujours les mêmes schémas ? »

La tentation serait grande de chercher immédiatement une cause cachée.

Je préfère commencer autrement.

Car toutes les répétitions ne sont pas des « schémas », et tous nos problèmes actuels ne trouvent pas nécessairement leur origine dans notre enfance ou notre famille.

Mais lorsque des situations différentes semblent régulièrement nous ramener au même point, la répétition mérite au moins d’être observée.

Répéter ne signifie pas forcément refaire exactement la même chose

Un schéma répétitif est parfois difficile à identifier parce que le décor change.

Prenons quelqu’un qui se sent continuellement dévalorisé.

Dans une relation, il peut s’agir d’un partenaire qui minimise ses capacités.

Quelques années plus tard, ce sera un responsable professionnel qui ne reconnaît jamais son travail.

Ailleurs, ce seront des proches qui tournent systématiquement ses projets en dérision.

Les personnes sont différentes.

Les circonstances aussi.

Pourtant, une même question revient :

Pourquoi cette personne se retrouve-t-elle régulièrement dans une position où elle ne se sent pas reconnue à sa juste valeur ?

La réponse n’est pas nécessairement : « parce qu’elle provoque ces situations ».

Ce serait terriblement réducteur.

Mais nous pouvons nous demander ce qu’elle considère comme normal, ce qu’elle accepte plus facilement qu’une autre personne, ce qu’elle ose ou n’ose pas refuser et, surtout, ce qu’elle a appris autrefois sur la place qu’elle était autorisée à occuper.

Les conditionnements familiaux : quand certaines paroles deviennent les nôtres

Nous avons déjà parlé, dans un précédent article, de ce que j’appelle parfois les « poisons verbaux ».

Ces phrases entendues pendant l’enfance ou l’adolescence :

« Tu n’arriveras jamais à rien. »

« Tu n’es pas fait pour ça. »

« Dans la famille, nous n’avons jamais eu de chance. »

« Ce n’est pas pour les gens comme nous. »

« Tu rêves beaucoup trop grand. »

Une phrase isolée ne programme évidemment pas toute une existence.

Mais lorsqu’un même message est répété pendant des années, particulièrement à une période où nous construisons notre représentation de nous-mêmes, il peut finir par être intériorisé.

J’utilise parfois une image volontairement forte pour l’expliquer.

Le « virus » invisible

Imaginez qu’un conditionnement soit comparable à un virus mental inoculé très tôt.

Il s’agit bien entendu d’une métaphore, pas d’une réalité médicale.

Pendant des années, vous pouvez en être en quelque sorte le « porteur sain ».

Vous étudiez. Vous travaillez. Vous construisez votre vie. Vous avancez.

Puis arrive une situation particulière.

Pour la première fois peut-être, vous pourriez réussir là où l’on vous avait toujours prédit que vous échoueriez.

Et quelque chose se grippe.

Vous doutez.

Vous procrastinez.

Vous trouvez soudain votre projet beaucoup moins intéressant.

Vous renoncez à une occasion.

Vous vous persuadez que vous n’avez pas le niveau.

Et si ce n’était pas toujours la peur de l’échec qui intervenait ?

Et si, parfois, réussir était également effrayant ?

Quand réussir signifie sortir de la place qui nous avait été assignée

Une situation rencontrée au cours de ma pratique m’a particulièrement marquée.

J’ai connu une mère dont le fils avait grandi dans un environnement où certaines personnes doutaient fortement de ses capacités.

Pour préserver son anonymat, je modifierai volontairement plusieurs éléments de son histoire qui ne sont pas nécessaires ici.

Malgré les jugements entendus autour de lui, ce jeune avançait dans ses études et obtenait des résultats qui contredisaient progressivement ce que l’on avait prédit de lui.

Curieusement, c’est à l’approche d’étapes importantes que les difficultés apparaissaient.

À un moment de son parcours, il s’est mis à décrocher dans une matière qu’il maîtrisait pourtant jusque-là.

Un enseignant appelé pour l’aider s’est rapidement aperçu qu’il comprenait très bien ce qu’on lui expliquait.

Ses capacités n’avaient pas disparu.

Mais dès que l’enjeu augmentait, quelque chose semblait se gripper.

Il réussit à dépasser cette difficulté et continua son parcours.

Les remarques familiales, elles, prirent une forme plus insidieuse.

Lorsque ses résultats devenaient difficiles à nier, ce furent les diplômes eux-mêmes que l’on commença à dévaloriser : ils seraient devenus plus faciles, le niveau aurait baissé, on les donnerait désormais presque à tout le monde…

Autrement dit :

si sa réussite ne pouvait plus être niée, sa valeur pouvait encore être diminuée.

Puis vint le moment où on lui demanda ce qu’il envisageait pour la suite de ses études.

Il y eut un flottement.

Et cette réponse :

« Ce n’est pas pour moi. Je ne suis pas assez bon. »

Heureusement, un professionnel qui l’accompagnait repéra ce qui se jouait et put travailler avec lui.

Cette histoire m’est restée.

Parce qu’elle montre combien nous pouvons parfois finir par parler avec les mots que d’autres ont déposés en nous.

Et si réussir ressemblait inconsciemment à une trahison ?

C’est une hypothèse que je trouve particulièrement intéressante à explorer lorsqu’un scénario se répète au seuil d’une réussite.

Si, depuis votre enfance, vous avez été « celui qui n’y arrivera pas », que se passe-t-il le jour où vous y arrivez ?

Si vous étiez « la petite fragile de la famille », que signifie devenir indépendante ?

Si, chez vous, « personne n’a jamais fait d’études », comment vivez-vous intérieurement le fait d’aller beaucoup plus loin ?

Si l’argent a toujours été associé à la méfiance ou à la culpabilité, que se passe-t-il lorsque vous commencez à en gagner davantage ?

Réussir ne modifie pas seulement une situation extérieure.

Cela peut également remettre en question la place que nous occupions jusqu’alors dans notre système familial.

On parle parfois de conflit de loyauté pour décrire certaines tensions entre l’évolution personnelle et le sentiment d’appartenance à son groupe ou à sa famille.

Je reste prudente avec ces notions : elles ne permettent pas de conclure automatiquement qu’une difficulté provient d’un conflit familial inconscient.

Mais elles peuvent ouvrir une question particulièrement féconde :

« Qu’est-ce que ma réussite viendrait contredire de ce que l’on m’a appris à croire sur moi ? »

Pourquoi restons-nous parfois dans une situation qui nous fait souffrir ?

Il existe une autre dimension que j’ai souvent observée :

le connu rassure parfois davantage que l’inconnu, même lorsque le connu ne nous rend pas heureux.

Cela peut sembler paradoxal.

Si mon travail m’épuise, pourquoi ne pas partir ?

Si une situation ne me convient plus, pourquoi ne pas la changer ?

Si je sais qu’un fonctionnement me fait du mal, pourquoi est-ce que je recommence ?

Parce que nous connaissons ce territoire.

Nous savons comment y survivre.

Nous savons ce qu’il faut éviter, accepter, contourner.

Nous avons l’impression d’y conserver un semblant de contrôle.

Sortir du schéma, en revanche, signifie parfois avancer vers une terre dont nous ne possédons pas encore la carte.

Et alors apparaissent d’autres questions :

Et si je me trompais ?

Et si je n’y arrivais pas ?

Et si je devais tout reconstruire ?

Mais aussi :

Et si j’y arrivais ?

La peur de réussir existe aussi

Nous parlons énormément de la peur de l’échec.

Beaucoup moins de ce que la réussite peut bouleverser.

Réussir peut signifier devenir plus visible.

Prendre davantage de responsabilités.

Gagner plus d’argent.

Modifier certaines relations.

Ne plus pouvoir se cacher derrière « je ne peux pas ».

Assumer ses choix.

Et quelquefois s’éloigner symboliquement du modèle dans lequel on a grandi.

Cela ne signifie évidemment pas que chaque projet abandonné relève d’une peur inconsciente de réussir.

Parfois, un projet était simplement mauvais.

Une occasion n’était pas la bonne.

Nous étions épuisés.

Nos priorités avaient changé.

Mais lorsqu’un même scénario revient précisément au moment de franchir une étape importante, je trouve intéressant de ne pas seulement demander :

« Pourquoi est-ce que j’échoue ? »

Mais :

« Que changerait réellement ma réussite dans la manière dont je me vois et dont les autres me voient ? »

Comment reconnaître un schéma qui se répète ?

Il ne s’agit pas de transformer chaque difficulté en enquête psychologique.

Commencez simplement par observer.

Prenez quelques situations importantes de votre vie et demandez-vous :

Le décor change-t-il alors que l’issue reste étrangement semblable ?

Est-ce que j’abandonne souvent au même moment ?

Est-ce que certaines difficultés apparaissent précisément lorsque quelque chose commence à bien fonctionner ?

Est-ce que je choisis régulièrement ce qui m’est familier, même lorsque je sais que cela ne me convient pas ?

Existe-t-il une phrase familiale ancienne qui ressemble étrangement à ce que je me dis aujourd’hui ?

Et enfin, la question que je trouve probablement la plus importante :

« À quoi — ou à qui — est-ce que je reste fidèle lorsque je m’empêche d’avancer ? »

La réponse ne sera pas nécessairement « à ma famille ».

Nous pouvons rester fidèles à une ancienne représentation de nous-mêmes.

À une peur.

À une promesse.

À un rôle.

À une manière d’obtenir de l’affection.

À une identité qui nous a autrefois protégés.

Ou simplement à ce que nous connaissons.

Comprendre cela ne signifie pas chercher un coupable.

C’est même tout le contraire.

Il s’agit de reprendre progressivement la possibilité de choisir.

Quelle place la numérologie peut-elle avoir dans cette exploration ?

C’est notamment dans ce type de situation que mon approche de la numérologie holistique peut apporter des pistes intéressantes.

Je ne regarde pas un nombre en affirmant :

« Voilà votre blocage. »

Ce serait beaucoup trop simpliste.

Je cherche plutôt à observer plusieurs éléments du thème, leurs interactions, certaines ressources qui semblent sous-utilisées et les éventuelles tensions qui apparaissent entre différentes dimensions de la personne.

Lorsqu’un même mécanisme semble traverser plusieurs domaines de l’existence, cela peut me conduire à poser certaines questions.

Mais le thème ne remplace jamais l’histoire de la personne.

Il ouvre une piste ; le dialogue permet de voir si cette piste a du sens.

Et c’est aussi là que mon intuition ou ma médiumnité peuvent parfois entrer dans l’accompagnement.

Une perception peut attirer mon attention sur un élément.

Elle ne devient pas pour autant une vérité.

Je préfère la confronter au thème, au dialogue et surtout au vécu réel de la personne.

C’est cette manière de travailler qui me conduit à me définir comme une exploratrice prudente des terres inconnues.

Briser un schéma ne signifie pas effacer son passé

Nous ne pouvons pas changer les paroles que nous avons entendues.

Nous ne pouvons pas réécrire notre enfance.

Nous ne pouvons pas empêcher certaines expériences d’avoir existé.

Mais nous pouvons progressivement nous demander :

« Est-ce que cette ancienne règle doit encore décider de ma vie aujourd’hui ? »

Sortir d’un schéma ne signifie pas nécessairement accomplir immédiatement quelque chose de spectaculaire.

Le premier changement peut être minuscule.

Reconnaître une phrase qui n’est pas vraiment la nôtre.

Dire non là où nous aurions automatiquement dit oui.

Accepter une occasion avant que la peur ait construit dix raisons de la refuser.

Demander de l’aide.

Ou simplement attendre avant de reproduire une réaction habituelle.

Entre l’ancien scénario et notre réaction peut alors apparaître quelque chose de nouveau :

un espace de choix.

Et c’est peut-être là que commence réellement le changement.

Vous avez l’impression de revivre toujours la même histoire ?

Lorsque certaines situations se répètent et que vous ne parvenez plus à comprendre ce qui vous ramène continuellement au même point, un regard extérieur peut parfois aider à poser autrement les questions.

Ma Guidance Écrite Intuitive est notamment destinée aux situations précises pour lesquelles vous recherchez un éclairage personnalisé.

Et si votre question concerne davantage votre fonctionnement global, vos ressources et les grandes dynamiques de votre parcours, vous pouvez également découvrir mon approche de la Numérologie Holistique.

Dans les deux cas, mon rôle n’est pas de décider à votre place ni de désigner un coupable dans votre passé.

Il est de vous aider à éclairer ce qui mérite peut-être d’être regardé autrement.

Parce qu’un schéma que l’on commence à reconnaître n’est déjà plus tout à fait un schéma que l’on subit aveuglément.

Questions Fréquentes

Pourquoi est-ce que je répète toujours les mêmes schémas ?

Il peut exister de nombreuses raisons : habitudes, croyances sur soi, peur du changement, environnement, expériences antérieures ou comportements appris. Une répétition ne permet pas à elle seule d’en déterminer la cause. L’intérêt est d’observer ce qui reste similaire malgré le changement de circonstances.

Les schémas répétitifs viennent-ils forcément de l’enfance ?

Non. L’enfance et l’environnement familial peuvent avoir une influence, mais ils ne constituent pas une explication universelle. Certaines répétitions se construisent beaucoup plus tard et peuvent également dépendre de la situation présente.

Peut-on avoir peur de réussir ?

Une réussite peut entraîner de l’incertitude, davantage de responsabilités ou modifier la manière dont une personne se perçoit et dont son entourage la perçoit. Il peut donc être intéressant d’explorer ce que représente concrètement la réussite pour soi, sans considérer automatiquement toute hésitation comme une « peur de réussir ».

Qu’est-ce qu’un conflit de loyauté familiale ?

Cette expression peut notamment désigner une tension ressentie entre ses propres choix et le sentiment de rester fidèle à son groupe familial ou à ce qu’il attend de nous. Il faut cependant éviter d’utiliser cette notion comme une explication automatique de toute difficulté personnelle.

La numérologie peut-elle identifier un schéma répétitif ?

Dans ma pratique, je considère qu’un thème numérologique peut fournir des pistes de réflexion sur certains fonctionnements et ressources. Il ne constitue ni un diagnostic psychologique ni la preuve de l’origine d’un comportement.

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